Notes
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- Je considère tous ces termes
comme équivalents. Cependant, j'utilise plutôt e muet
lorsque je parle du français standard et e féminin
lorsque j'aborde la langue poétique et le français chanté.
- Voir par exemple Carton, Introduction,
pp. 204-5. C'est Buffier qui, le premier, les aurait énoncées
en 1709 (Thurot, I, pp. 48-9). Selon
une formulation courante, les voyelles d'aperture moyenne tendent, en
français, à s'ouvrir en syllabe fermée et à
se fermer en syllabe ouverte. L'expression « loi(s) de position »
est souvent mise entre guillemets car il ne s'agit pas de véritables
lois phonétiques mais seulement de tendances, plus ou moins marquées
selon le contexte. Il existe ainsi par exemple des e ouverts en
syllabe ouverte (menuet, procès) ainsi que des o fermés
en syllabe fermée (grosse, chose, hôte ) qui contredisent
les « lois de position ». Pour une critique méthodique du caractère
explicatif de ces lois, voir Morin,
La loi de position.
- Fouché, Traité,
pp. 91 et sq.
- Selon Fouché, Traité,
p. 63, l'[e] accentué est légèrement plus fermé
que l'[e] inaccentué alors que l'[è] accentué est
légèrement plus ouvert que l'[è] inaccentué.
Cette règle générale permet d'éviter de détailler,
comme le font certains phonéticiens, cinq variantes de timbre pour
l'e, ce qui compliquerait inutilement la description phonétique
du français standard.
- Fouché, Traité,
pp. 64 et sq.
- Selon Carton, Introduction,
pp. 87, 202, c'est Maurice Grammont qui, le premier, aurait décrit
l'harmonisation vocalique.
- Lote, Histoire
du vers, III, pp. 151-156.
- Les e libres du latin classique
subissent les diphtongaisons des premiers
siècles. L'e long donnera la diphtongue [ei] et l'e
bref la diphtongue [ie].
- Van den Bussche, L'Ouverture
de la voyelle (e), p. 45.
- Fouché ( Phonétique
historique, pp. 261-2) a démontré de manière sinon
définitive, du moins fort convaincante que e3
était déjà fermé au XIe siècle,
soit bien avant que ne se constitue la tradition de la rime française.
La plupart des traités ultérieurs adoptent la même
doctrine, seule capable d'expliquer l'évolution d'e fermé
du XIIIe au XVIIIe siècle, et notamment sa
persistance durable dans des séries de mots comme pere, mere,
frere. On regrettera donc vivement que, dans le récent Singing
early music, p. 74, Robert Taylor considère e3
comme encore ouvert aux XIIe et XIIIe siècles.
Cette option l'amène à appliquer mécaniquement les
« lois de position » dès les premiers textes
qu'il transcrit, alors qu'on sait qu'elles n'ont pas déployé
tout leur effet avant le XVIIe siècle. Elle provoque
de plus la quasi-disparition d'e fermé en syllabe accentuée
dans ces mêmes textes, ce qui n'est certainement pas conforme à
la réalité.
- Van den Bussche, L'Ouverture
de la voyelle (e). Voir aussi Fouché, Phonétique
historique, p. 247.
- Voir Morin,
Les [e] longs devant [s].
- Fouché, Phonétique
historique, pp. 254 et sq.
- Fouché, Phonétique
historique, p. 247.
- Straka, Les
Rimes classiques, pp. 84-5.
- Les
Chansons de Colin Muset, pp. 18-20 et 9-10 (Raynaud 582 et 476).
- Gautier de Coinci, Les
Miracles, I, pp. 36, 82, 84, 130, 145, 148; II, pp. 14, 15, 19, 20,
44, 175, 178, 217, 258, 270; III, pp. 152, 169, 172, 229, 484; IV, pp.
35, 141, 142, 228, 235, 307, 310, 315, 355, 367, 424, 458, 466, 470, 485,
532, 545, 552, 558, 566.
- Gautier de Coinci, Les
Miracles, IV, pp. 400, 436.
- Gautier de Coinci, Les
Miracles, I, pp. 4, 35, 89, 165, 169; II, pp. 18, 111, 113, 164, 184,
197, 262, 263; III, pp. 53, 128, 216, 219, 240, 265, 269-70, 283, 323,
392; IV, pp. 31, 43, 55, 56, 64, 79, 117, 144, 158, 213, 258, 288, 421,
474, 530, 538, 540.
- Gautier de Coinci, Les
Miracles, IV, p. 131.
- Rutebeuf, Œuvres,
I, pp. 100-147.
- Guillaume de Machaut, Poésies
lyriques, pp. 100, 312 et 621.
- Thibaut de Blaison, Les
Poésies, p. 62 (Raynaud 1001).
- Machaut, Poésies
lyriques, pp. 75, 622.
- Rutebeuf, Œuvres,
I, p.144.
- Le Roman
de Fauvel, vv. 131-2, 3037-8.
- Le Roman
de Fauvel, vv. 115-6, 231-2, 627-8, 661-2, 954-5, 1097-100, 1239-40,
1895-6, 2107-8, 2157-8, 2185-6, 2211-2, 2223-4, 2399-400, 2463-4, 2659-62,
2745-6, 2789-90, 2947-50.
- Le Roman
de Fauvel, vv. 2973-4, 3125-6.
- Guillaume de Machaut, Poésies
lyriques, pp. 344, 371, 407.
- Guillaume de Machaut, Poésies
lyriques, p. 650.
- Charles d'Orléans, Poésies,
pp. 236, 546.
- Charles d'Orléans, Poésies,
p. 548.
- François Villon, Poésies
complètes, Le Testament, vv. 820-1, 826-8.
- François Villon, Poésies
complètes, Le Testament, vv. 131-5, 935-40.
- Maistre
Pierre Pathelin, vv. 1394-5
- Tobler, Le
vers français, pp.155-6. Lote (Histoire
du vers, VI, pp. 251-2) considère que ces rimes normandes se
prononçaient en e fermé. M'appuyant notamment sur
le témoignage très fiable de Vaugelas,
je crois pouvoir affirmer qu'au contraire elles tendaient vers e ouvert.
- Olivet, Remarques,
pp. 244-5.
- Clément Marot, Œuvres
lyriques, pp. 92, 121, 138, 317, 351, 374. Cément Marot et Théodore
de Bèze, Les Psaumes, Ps. 78.
- Pierre de Ronsard, Œuvres
complètes, I, p. 231, II, pp. 88, 168; Les
Amours, pp. 93, 161, 199, 265, 280, 297, 298.
- Jacques Peletier, Œuvres
poetiques, pp. 117, 138, 170. La numérotation des pages est
celle de l'éditeur moderne.
- Jacques Peletier, L'Amour
des Amours, p. 209.
- Etienne Jodelle, Œuvres
complètes, I, pp. 249, 323, 350, 359, 390.
- Joachim du Bellay, Regrets,
sonnets lvii, cvi et cxx.
- François Malherbe, Œuvres
poétiques, I, pp. 85, 120, 144.
- Ronsard, Les Amours, pp. 87, 259, 429.
- Clément Marot, Œuvres
lyriques, p. 119. Il y a aussi (pp. 221 et 225) deux rimes, claire :
plaire, mais l'on peut admettre que, dans ce cas, la réfection
de l'orthographe du mot cler en clair, déjà
attestée au XIVe siècle, avait accéléré
son basculement vers [è].
- Pierre de Ronsard, Les
Amours, pp. 212, 387, 444, 457.
- Cément Marot et Théodore
de Bèze, Les Psaumes, Ps. 63,
65, 77, 109, 110.
- François Malherbe, Œuvres
poétiques, I, pp. 107, 115, 183, 272.
- Pierre de Ronsard, Œuvres
complètes, I, p. 66; Les Amours,
pp. 14, 53, 461.
- Tabourot précise sa doctrine
au quatrième livre des Bigarrures,
p. 170, numérotation de Slatkine.
- Straka, Les
Rimes classiques, pp. 84-90, 127-31.
- Pierre Corneille, Théâtre
complet. Mélite (avant 1630), vv. 913-4, 1305-6; Clitandre (1630),
vv. 867-8, 991-2; La Veuve (1633) vv. 1633-4; La Suivante (1634), vv. 1427-8;
Médée (1635), vv. 283-4; L'Illusion (1636), vv. 275-6, 915-16,
1383-4; Polyeucte (1642), vv. 1653-4 (?); Le Menteur (1643), vv. 391-2,
1751-2; La Suite du Menteur (1643), vv. 289-90, 1739-40; Rodogune (1647),
vv. 1350-1; Andromède (1650), vv. 758-9, 978-9, 1401-2, 1625-6.
Je ne prends pas en compte les rimes du type ramer : en mer, arracher :
cher, juger : léger, dont certaines sonnent en « [e]-[è] »
à nos oreilles modernes, mais qui sont étymologiquement irréprochables
car tous leurs e proviennent d'un a. Elles ne sont pas rares
tout au long de l'œuvre de Corneille.
- La Toison d'or (1660), vv. 1146-7;
Attila (1667), vv. 1079-80; Pulchérie (1672), vv. 1291-2.
- La Toison d'or (1660), vv. 1774-5;
Othon (1664), vv. 1823-4. Je ne prends pas en compte une série de
rimes associant des infinitifs avec le prénom Lysander, trop
peu usité pour qu'il soit possible de se prononcer formellement
sur le timbre de son e.
- Mélite, vv. 203-4, 275-6; Clitandre,
vv. 1395-6; La Galerie du Palais, vv. 1431-2.
- Jacques Peletier, Œuvres
poetiques, p. 113. Joachim du Bellay, Regrets,
sonnet lxxvii. Clément Marot, Œuvres
lyriques, p. 300. Clément Marot et Théodore de Bèze,
Les Psaumes, Ps. 64.
- Fouché, Phonétique
historique, p. 509.
- Fouché, Phonétique
historique, p. 519.
- Clément Marot, Œuvres
lyriques, p. 241.
- Jacques Peletier, Œeuvres
poetiques, pp. 178, 260.
- Jacques Peletier, L'Amour des Amours, p. 27.
- Fouché, Phonétique
historique, p. 431.
- Au XIIe siècle,
ces consonnes se prononçaient encore [dJ] et [tÇ]. Il semble
que ces affriquées ont empêché l'e précédent
de devenir muet.
- Lote, Histoire
du vers, III, pp. 73 et sq. Elwert, Traité
de versification, pp. 29 et sq. Mazaleyrat, Eléments
de métrique, pp. 59 et sq.
- Les
Chansons de Conon de Béthune, p. 3.
- Raynaud 1843. Chansonnier
Cangé, N° 88, folio 35. Thibaut de Champagne, Lyrics,
p. 248.
- Gautier de Coinci, Les
Miracles, IV, p. 575.
- Guillaume de Machaut, Poésies
lyriques, p. 338.
- Zink, Phonétique
historique, p.164.
- Adam de la Halle, Œuvres
complètes, p. 351.
- Christine de Pizan, Cent
ballades, pp. 36, 43, 76, 106.
- Gautier de Coinci, Les
Miracles, I, p. 174.
- Le Roman
de Fauvel, vv. 1195-6, 2261-2, 2389-90, 2477-8, 2581-2.
- Guillaume de Machaut, Poésies
lyriques, p. 259.
- Martin Le Franc, Le Champion des Dames, vv. 18043, 18061, 18881 entre autres.
- François Villon, Poésies
complètes, le Testament, vv. 886-9.
- Fabri, Le
Grand et Vrai Art, II, pp. 8-9.
- Clément Marot, Œuvres
lyriques, pp. 131, 189, 202, 251, 279, 330, 370.
- Fouché, Phonétique
historique, p. 263.
- Langlois, Recueil,
p. 216.
- Fabri, Le
Grand et Vrai Art, II, p. 5.
- Tory, Champfleury,
f° xxxix v°.
- Dubois, Isagoge,
pp. 0 , 2-3, 52, 122, 134 et sq.
- Meigret, Traite,
f° C iv et sq.
- Meigret, Traite,
f° B iv v°.
- Meigret, Grammère,
f° 133.
- Meigret, Grammère,
f° 136.
- Il est bien sûr possible, comme le fait García,
El valor fonético, de prendre à la
lettre la classification de Meigret et d'affirmer que, dans son usage à lui, tous les e clos, y
compris ceux que d'autres appellent féminins, avaient exactement le même timbre : celui de
notre e fermé ([e]). Dans cette logique, la différence (par exemple entre ferme et fermé)
reposerait entièrement sur la position de l'accent du mot (notion au reste complètement étrangère à
Meigret comme à la grammaire française avant la fin du XVIIIe siècle).
Toutefois, il reste délicat de soutenir qu'un e accentué pouvait avoir « exactement »
le même timbre que son homologue inaccentué : on peut au contraire s'attendre à ce que, même si Meigret
ne s'en avisait pas ou ne voulait pas s'en aviser, la version inaccentuée ait été légèrement moins tendue
et un peu plus centrale que la version accentuée, se rapprochant peu ou prou de l'e féminin canonique.
Cela acquis, la question de savoir ce qui était réellement distinctif dans l'idiolecte de Meigret – le timbre ou la position de l'accent – devient très théorique et un peu vaine.
- Peletier, Dialogue,
p. 108.
- Ramus, Gramere,
p. 34. Grammaire, pp. 7 et sq.
- Bèze, De
pronuntiatione, pp. 12, 13, 42.
- Bèze, De
pronuntiatione, p. 14.
- L. Biedermann-Pasques (Les
Grands Courants, pp. 167 et sq.) en donne un bon résumé,
à la seule réserve qu'elle semble considérer que la
théorie des « trois e » n'est pas antérieure
au XVIIe siècle, alors qu'en fait, comme on l'a vu, elle
apparaît vers 1530 et est fort bien installée dès 1550.
- Thurot
I, pp. 64-6.
- Biedermann-Pasques, Les
Grands Courants, p. 155. Oudin, Grammaire
(1632), p. 6.
- Chifflet, Essay,
pp. 178-9.
- Buffier,
Grammaire françoise, pp. 136-137.
- Thurot,
I, pp. 45-87.
- Meigret, Grammère,
f° 7.
- Ramus, Grammaire,
p. 82. Merci à Yves-Charles Morin pour sa remarque judicieuse.
- Jacques Peletier, Œuvres
poetiques, pp. 131, 167.
- Jacques Peletier, L'Amour
des Amours, p. 64.
- Louis Tallemant,
Remarques et decisions de l'Académie françoise, pp. 64-66. Thurot,
I, p. 51.
- Vaugelas, Remarques,
pp. 437-8.
- Hindret, L'Art
de prononcer parfaitement, pp. 736-7.
- Dobert, Recreations literales, p. 511.
- Meigret, Grammère,
f° 6 v°, 7, 18, 82 v°. Reponse
Peletier, f° 6 v°, Reponse Glaomalis,
f° 30.
- Ramus, Grammaire,
pp. 118, 127, 128.
- Dangeau, Opuscules,
pp. 45-6.
- François Villon, Poésies
complètes, Le Testament, vv. 645-7, 806-8.
- Mc Laughlin, Les
Relations.
- Morin, L'Ouverture
des [e].
- Thurot,
I, pp. 87et sq.
- Thurot,
I, pp. 120 et sq.
- Thurot
, I, p. 207.
- Hindret, L'Art
de prononcer parfaitement, pp. 503-4.
- Il est amusant de constater que,
selon Thurot (I, p. 206), dans envoyez-le,
le pronom s'appuie sur le mot précédent, et n'est
donc pas accentué. Cet archaïsme était-il vraiment encore en usage à la fin du XIXe siècle ?
- Meigret, Grammere,
f° 131.
- Meigret, Grammere,
f° 7.
- Thurot,
I, p. 211. Ramus, Grammaire, pp. 8, 134.
- Hindret, L'Art
de prononcer parfaitement, p. 497.
- Andry, Réflexions sur l'usage présent, pp. 463 et
sq.
- Thurot,
I, p. 214.
- Thurot,
I, pp. 209-10.
- Jean-Antoine de Baïf, Etrénes,
p. vii (ma numérotation des pages de l'introduction). Je transcris
l'o long de Baïf par <au>.
- Jean-Antoine de Baïf, Etrénes,
f° 3v°.
- Jean-Antoine de Baïf, Etrénes,
f° 3v°.
- Jean-Antoine de Baïf, Etrénes,
ff° 2r°, 11v°.
- Jean-Antoine de Baïf, Etrénes,
f° 1r°, Psaume xvi.
- Jean-Antoine de Baïf, Etrénes,
f° 1v°, 3v°, 20v°.
- Jean-Antoine de Baïf, Chansonnettes,
f° 318-318v°.
- Jean-Antoine de Baïf, Etrénes,
f° 1v°.
- Mersenne, Embellissement des chants,
p. 378, in Harmonie universelle, vol.
2 du fac-similé.
- Bacilly, Remarques,
p. 263.
- Bacilly, Remarques,
pp. 264 et sq.
- Blanchet, L'art
ou les principes, pp. 65-7. La note (a) renvoie à la
page 266 des Remarques curieuses, sans
toutefois citer nommément Bacilly.
- Voltaire, Le
Siècle de Louis XIV, II, p. 349 (Article sur les musiciens français).
- De Longue, Raisonnemens hazardés, pp. 43-44.
- D'Olivet, Remarques,
pp. 45-48. Ce passage ne figure pas dans l'édition de 1736. La note (8) renvoie à la page 266 des Remarques
curieuses sur l'Art de bien chanter, &c, Par B.D.B.
- Grimarest, Traité
du Récitatif, p. 10.
- Bacilly, Remarques,
p. 335.
- Grimarest, Traité
du Récitatif, p. 11.
- Bérard, L'Art
du Chant, p. 56.
- Bérard, L'Art
du Chant, pp. 80 et sq.
- Raparlier, Principes,
p.36.
- Raparlier, Principes,
p. 41.
- Lécuyer, Principes, pp.
8-9.
-