10. ALPHABET PHONÉTIQUE

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Si vous êtes parvenu ici par un autre chemin, allez donc faire un tour du côté de Chantez-vous français...



Bien que perfectible, l' Alphabet Phonétique International est aujourd'hui un outil largement reconnu. Malheureusement, le jeu de caractères latin-1, couramment utilisé pour l'édition HTML, ne contient pas, et de loin, tous les symboles de l'API. C'est la raison pour laquelle j'ai recours à un alphabet phonétique personnel. Toutefois, la généralisation du standard Unicode permettra à terme d'afficher facilement des symboles phonétiques dans un fichier HTML. Si votre système le permet, vous pouvez dès maintenant expoiter cette possibilité.

Pour ma transcription latin-1, je reprends si possible tel quel le symbole de l'API, ou alors un caractère qui lui ressemble de près. Quand cela n'est pas possible, j'essaie d'utiliser un caractère latin-1 qui évoque de près ou de loin le son à représenter. J'utilise l'italique pour mettre en évidence ceux de mes symboles qui, soit n'ont pas d'équivalent exact dans l'API, soit ne correspondent pas de manière univoque à un symbole de l'API.

Comme l'API, j'utilise les deux-points pour marquer la longueur. Ainsi, [o:] correspond à un o fermé long. Lorsque deux voyelles consécutives forment une diphtongue, je note en gras le son proéminent dans ma transcription. Si l'affichaghe Unicode de l'API est activé, l'élément le moins proéminent de la diphtonghe est indiqué par le symbole souscrit idoine (exemple : [au]). En revanche, je sépare les syllabes par un tiret (-) lorsque l'affichage unicode n'est pas activé et par un point (.) lorsqu'il l'est.

Je respecte en général le découpage en mots de l'orthographe standard. Ces espaces, destinés à faciliter la lecture des transcriptions phonétiques, n'ont aucune valeur phonétique. Il est clair que lorsqu'un mot se termine par une consonne et que le mot suivant commence par une voyelle, toutes deux forment une syllabe. Lorsqu'une consonne finale est susceptible d'être ou de ne pas être prononcée selon le contexte phonétique ou simplement le goût du diseur, je la mets entre parenthèses.

Dans le tableau ci-dessous, j'indique successivement le caractère latin-1 de substitution que j'utilise, sa représentation API sous forme d'un caractère latin-1 ou, à défaut, sous forme d'une image, la même représentation API sous forme d'un caractère Unicode (il est possible qu'elle ne s'affiche pas correctement), une éventuelle dénomination, et je donne finalement un exemple tiré si possible de la prononciation standard du français moderne. Les astérisques renvoient aux exemples sonores (fichiers .aiff) mis à disposition par l'Université de Lausanne, Section de linguistique, dans son excellent cours de phonétique. Ils représentent des réalisations « internationales » des sons notés par l'API et ne sonnent donc pas toujours très « français ». Mes propres exemples (fichiers .wav) se veulent plus spécifiquement francophones et sont signalés par une timbale (timbale).

Si votre système permet l'affichage des caractères Unicode, vous devriez voir des symboles phonétiques (les mêmes que dans la colonne précédente) s'afficher dans la colonne API (Unicode). Dans ce cas, n'hésitez pas à activer l'affichage Unicode des caractères phonétiques pour tout le site. Pour profiter de cette fonction, vous devez posséder un système d'exploitation qui gère Unicode, un bon navigateur récent et avoir installé une police Unicode comprenant les extensions IPA. Pour plus de détails, voyez la page de John Wells.

Activer l'affichage Unicode des caractères phonétiques.


Voyelles et consonnes

HTML 
(Latin-1)
API (image) API (Unicode) Dénomination courante Exemple








a * a a a antérieur tache timbale
â * api  ɑ a postérieur ou vélaire tâche timbale
A a (position non précisée)  
e * e e e fermé blé timbale
è * api ɛ e ouvert tête timbale
È e moyen (entre [e] et [è])  
i * i i i (français) litimbale
o* o o o fermé hôte timbale
ò * api ɔ o ouvert botte timbale
O o (aperture non précisée)  
u * u u ou français mou timbale
y * y y u français lu timbale
ø * ø ø eu fermé peu timbale
ö * api  œ eu ouvert peutimbale
Ë (api) 1 (ə) e muet, instable ou féminin, labialisé le (fr. moderne) timbale
ë * api  ə e féminin central, non labialisé le (fr. ancien) timbale
semi- 
voyelles
j * j j yod mien timbale
ü * api ɥ   nuit timbale
w * w w   outimbale









p * p p   pou timbale
t * t t   tout timbale
k * k k   cou timbale
b * b b   bout timbale
d * d d   doux timbale
g * g g   goût timbale
m * m m   mou timbale
n * n n   nous timbale
ñ * api ɲ n mouillé ou palatal agneau timbale
Ñ * api ŋ n vélaire parking timbale
f * f f   fou timbale
v * v v   vous timbale
s * s s   poisson timbale
z * z z   poison timbale
Ç * api ʃ   chou timbale
J * api ʒ   joue timbale
l * l l   loup timbale
L * api ʎ l mouillé ou palatal it. figlitimbale
U * api ɫ l vélaire lat. vulg. (ou portugais) alba timbale
r* r r r apical ou roulé anc. fr. roi timbale
R * R R r dorsal ou grasseyé fr. standard roux timbale
h * h h h aspiré angl. have timbale



Les voyelles nasales

Le français standard moderne connaît quatre voyelles nasales, qui sont mises en évidence par l'opposition :
lent <–> long <–> lin <–> l'un
L'API les note par la voyelle orale correspondante surmontée d'un tilde (~). Ne disposant pas de tous ces caractères, je place le tilde avant la voyelle orale qu'il devrait surmonter. Le tableau ci-dessous représente les voyelles nasales dans leur réalisation moderne.


HTML (latin-1) API (Unicode) Dénomination courante Exemple
ɑ̃ a nasal lentimbale
~o2 ɔ̃ o nasal lontimbale
ɛ̃ e nasal lin timbale
œ̃ eu nasal l'un timbale


Pour la sonorité archaïque des voyelles nasales, largement présente dans le chant ancien, j'utilise, lorsqu'il importe de faire la distinction, la notation suivante :
VN
V représente la voyelle orale sur laquelle la nasale archaïque repose, et N le vestige consonantique par lequel elle se termine. [tR~âble] représente donc la prononciation moderne de tremblé et [tramble] sa prononciation archaïque. On aura de même [m~ote] et [munte] pour monté, [p~è] et [pèÑ] pour pain.



Autres signes fréquemment utilisés

< et >
Signes de dérivation phonétique, indiquent la succession chronologique de formes dérivées, par exemple : forme ancienne > forme récente.

*
Dans une dérivation phonétique, désigne une forme non attestée, et qui est donc reconstruite de manière conjecturale, par exempe : *aetaticum > âge.


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Notes

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  1. Il existe un certain flou quant à la notation phonétique de l'e « muet » français. La plupart des dictionnaires utilisent le symbole « e inversé » alors que, selon l'API, ce symbole correspond à un e central non labialisé. Or, l'e « muet » du français standard moderne, quoiqu'assez variable, est le plus souvent labialisé et se réalise donc quelque part entre [ø]et [ö]. Lorsqu'il importe de faire la distinction, je note par [Ë] l'e « muet » moderne labialisé et par [ë] l'e central non labialisé du français ancien.
  2. L'API utilise le symbole de l'o ouvert surmonté d'un tilde. Comme l'o nasal du français moderne est, phonétiquement parlant, plus proche de l'o fermé que de l'o ouvert, j'utilise le symbole de l'o fermé précédé d'un tilde.