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Glossaire métrique

Appartenant à cette génération d'humanistes qui furent pétris de grec, Baïf a de cette langue et de sa poésie une connaissance des plus intimes. Ayant lu, aussi, les métriciens antiques, il propose des traductions de leur terminologie qui ne sont pas toujours celles qu'on trouve dans les traités de métrique ultérieurs. Par ailleurs, la logique (essentiellement fondée sur les leçons d'Hephestion), selon laquelle il découpe les schéma métriques en tronçons de quatre positions pour les analyser diverge aussi parfois de celle qu'utilisent les métriciens plus récents. Le présent glossaire fournit quelques passerelles entre la terminologie et les analyses de Baïf et les traités modernes. Il ne prétend en aucun cas se substituer à ces traités, auquel tout lecteur désireux d'approfondir ses notions de métrique se référera.

Acatalecte
Non-cadencé.
Adonique
Quatrième vers de la strophe saphique
Alcaïque, strophe
Strophe de quatre vers, dont Baïf livre l'analyse suivante : deux trimètres épiioniques du majeur, cadencés (X – ᴗ – , – – ᴗ ᴗ , – ᴗ –), souvent appelés ailleurs hendécasyllabes alcaïques, un dimètre iambique surcadencé (X – ᴗ – , X – ᴗ – , –), souvent appelé ailleurs ennéasyllabe alcaïque, et un trimètre dactylique logaédique (– ᴗ ᴗ , – ᴗ ᴗ , – ᴗ – –), souvent appelé ailleurs décasyllabe alcaïque, et qu'on pourrait aussi considérer comme un tétramètre si l'on compte comme deux pieds les quatre dernières positions. Les traités modernes tendent à décrire tant l'hendécasyllabe que l'énnéasyllabe comme centrés sur un choriambe précédé d'une « base » de longueur variable, mais cette analyse est étrangère à Baïf.
Anaclase
Terme dont la définition est floue, mais qui correspond ici au phénomène de « contre-temps » qui fait que certains vers, essentiellement ioniques, sont qualifiés de « rebrisés » par Baïf.
Anacréontique
Vers correspondant au schéma : ᴗ ᴗ – ᴗ – ᴗ – –. Il s'agit classiquement d'un dimètre ionique du mineur rebrisé, mais ce vers est parfois aussi analysé comme un dimètre iambique cadencé dont le premier pied est substitué par un anapeste. Au ps. 106, Baïf substitue un dimètre ionique du mineur non rebrisé à un anacréontique, ce qui tend à montrer qu'il analysait ce vers comme ionique.
Anapeste
Pied élémentaire : ᴗ ᴗ –.
Anapestique
Système de versification reposant sur l'anapeste. Il faut deux anapestes pour faire un mètre. L'anapeste admet les substitutions suivantes, qui en conservent toutes les quatre temps : un spondée, un dactyle et, plus rarement, un procéleusmatique.
Anceps, syllaba
Position indifférente, qui accepte donc n'importe quelle syllabe.
Antispaste
Pied élémentaire : ᴗ – – ᴗ, correspondant donc à un iambe suivi d'un trochée.
Antispastique
Système de versification reposant sur l'antispaste, mais sujet à de nombreuses substitutions. Chez Baïf, les deux premières positions des vers antispastiques sont fréquemment indifférentes. En dépit de cette liberté qui rend parfois l'antispaste difficilement reconnaissable, on trouve généralement, à la suite, un pied terminé par un trochée et un pied commençant par un iambe. Les vers commençant par un épitrite quatrième sont très souvent analysés comme antispastiques. Baïf qualifie aussi parfois d'antispastiques des vers fondés sur l'alternance double iambe-double trochée, qu'il qualifie alors de mêlés par contrariété.
Arsis
Levé.
Asclépiade, strophe
Strophe de quatre vers que Baïf analyse comme antispastiques et qui existe, classiquement, sous deux variantes. Dans la variante A, trois trimètres non cadencés (– – – ᴗ , ᴗ – – ᴗ , ᴗ – ᴗ – ) sont suivis par un dimètre non cadencé (– – – ᴗ , ᴗ – ᴗ –), dit glyconique. Dans la variante B, à deux trimètres non cadencés succèdent un phérécratéen (– – – ᴗ , ᴗ – –) et un glyconique. Les traités modernes considèrent ces vers comme centrés sur un choriambe, lui-même précédé d'une « base » de deux positions. Dans certains poèmes de Baïf, les deux positions initiales sont longues, dans d'autres elles sont indifférentes.
Asynartète
Se dit d'un vers composé de deux sous-vers relativement indépendants et pouvant, par exemple, appartenir à deux systèmes de versification différents. Les asynartètes associant un sous-vers dactylique et un sous-vers iambique sont fréquents.
Bacchée
Pied élémentaire : ᴗ – –.
Brachycatalectique
Court-cadencé.
Cadencé
Vers dont le dernier mètre est amputé d'une position (c'est-à-dire, le plus souvent, d'un demi-pied). Equivaut, chez Baïf, à catalectique.
Catalectique
Cadencé.
Choriambe
Pied élémentaire : – ᴗ ᴗ –
Choriambionique
Qui comprend un mètre choriambique et un mètre ionique
Choriambique
Système de versification reposant sur le choriambe.
Contrariété, mêlés par
Qualifie probablement des vers dans lesquels alternent des trochées et des iambes
Court-cadencé
Vers dont le dernier mètre est amputé de deux positions (ou d'un pied). Equivaut, chez Baïf, à brachycatalectique.
Crétique (nom)
Pied élémentaire : – ᴗ –.
Crétique (adj.) ou péonique crétique
Système de versification reposant sur le crétique, le bacchée et les péons, et caractérisé par des mètres de cinq temps.
Dactyle
Pied élémentaire : – ᴗ ᴗ.
Dactylique
Système de versification reposant sur le dactyle. Des spondées peuvent en principe être substitués aux dactyles.
Dans l'hexamètre dactylique, le cinquième pied reste, sauf exception, pur. Le sixième et dernier pied ne compte que deux positions, longues chez Baïf, raison pour laquelle il considère ce vers comme « cadencé en pied dissyllabe ».
Dimètre
Vers composé de deux mètres.
Distique
Ensemble de deux vers.
Elégiambique
Se dit d'un vers asynartète composé d'un penthémimère dactylique suivi d'un penthémimère iambique. On parle parfois de vers encomiologique. Ces mêmes composants, se retrouvent, inversés, dans le vers iambélégiaque.
Elégiaque, distique
Suite d'un hexamètre dactylique et d'un pentamètre composé de deux penthémimères dactyliques, et dit aussi élégien.
Encomiologique
Elégiambique.
Epichoriambique
Système de versification reposant sur le choriambe, mais où on le trouve mêlé à des mètres équivalents (par exemple – ᴗ – – dans l'hendécasyllabe saphique)
Epiionique (du) majeur ou (du) mineur
Système de versification reposant sur l'ionique du majeur ou du mineur, mais où on le trouve mêlé à des mètres équivalents (par exemple la séquence X – ᴗ – avant un mètre pur).
Epitrite
Pied élémentaire composé de trois positions longues et d'une position brève. Selon l'emplacement de la position brève, on parle d'épitrite premier (ᴗ – – –), second (– ᴗ – –), troisième (– – ᴗ –) ou quatrième (– – – ᴗ).
Galliambique
Se dit d'un tétramètre ionique du mineur cadencé, dont le schéma canonique est donc ᴗ ᴗ – – , ᴗ ᴗ – – , ᴗ ᴗ – – , ᴗ ᴗ –, mais qui apparaît le plus souvent sous forme substituée, la plus courante ayant le schéma suivant  ᴗ ᴗ – ᴗ – ᴗ – – // ᴗ ᴗ – ᴗ ᴗ ᴗ ᴗ – . On le trouve aux ps. 118 et 136.
Glyconien (ou glyconique)
Baïf qualifie ainsi un dimètre antispastique, avec le schéma – ᴗ – ᴗ , ᴗ – ᴗ – (ps. 12) ou X X – ᴗ , ᴗ – ᴗ – (ps. 41), ainsi que sa forme cadencée – ᴗ – ᴗ , ᴗ – –, qu'on pourrait identifier au phérécratéen. La deuxième postion est le plus souvent donnée comme longue ou indifférente, alors que Baïf, au ps. 12, la donne brève. Dans ce même psaume, Baïf avait dans un premier temps décrit ces vers comme trochaïques mêlés par contrariété, mais il biffe cette dénomination. On retrouve le glyconique comme quatrième vers de la strophe asclépiade. Dans ce cas, les deux premières positions sont longues.
Hendécasyllabe
Vers de onze syllabes. On connaît l'hendécasyllabbe alcaïque, qu'on trouve comme premier et deuxième vers de la strophe alcaïque, et l'hendécasylalbe saphique, qu'on trouve comme premier, deuxième et troisième vers de la strophe saphique.
Hexamètre
Vers composé de six mètres.
Iambe
Pied élémentaire : ᴗ –.
Iambélégiaque
Vers asynartète composé d'un penthémimère iambique suivi d'un penthémimère dactylique. Ces mêmes composants se retrouvent, inversés, dans l'élégiambique
Iambique
Système de versification reposant sur l'iambe. En métrique grecque, comme chez Baïf, il faut deux pieds pour faire un mètre. Les pieds pairs doivent être purs. Dans les pieds impairs, l'iambe admet les substitutions suivantes : un spondée, un anapeste, ou plus rarement un tribraque, un dactyle ou un procéleusmatique.
Ictus
Battement de doigt (ou de pied, ou sa représentation mentale) qui marque le rythme du mètre. Le posé d'un pied élémentaire correspond à un ictus.
Indifférente, position
ou syllaba anceps. Position du schéma métrique, notée X, admettant aussi bien une syllabe prosodiquement longue qu'une syllabe prosodiquement brève. Très souvent, la dernière position du vers est théoriquement indifférente, mais Baïf, quoiqu'il note X dans beaucoup de schémas du psautier A, renonce à cette liberté et exclut les syllabes prosodiquement brèves de ces emplacements. Il s'octroie par contre fréquemment cette liberté pour les deux premières positions des vers antispastiques. Dans les schémas utilisés pour la mise en évidence métrique de la présente édition, seules sont notées indifférentes les positions dans lesquelles on trouve réellement des syllabes longues et brèves.
Ionique (du) majeur
Pied élémentaire : – – ᴗ ᴗ.
Ionique (du) mineur
Pied élémentaire : ᴗ ᴗ – –.
Ionique (adj.) (du) majeur ou (du) mineur
Système de versification reposant sur l'ionique (du mineur ou du majeur). Ce système admet, de manière fort fort souple, de nombreuses substitutions. Il est caractérisé par des mètres de six temps chacun.
Ithyphallique
Vers formé de trois pieds (tripodie) trochaïques.
Levé
Temps faible du pied, non marqué par un ictus.
Logaédique
Baïf qualifie ainsi les vers dactyliques dont l'avant dernier dactyle est remplacé par un trochée (ils se terminent par – ᴗ – X ) et les vers anapestiques dont le dernier pied a la forme ᴗ – X. Ainsi, un vers comme – ᴗ ᴗ – ᴗ – X peut-il être analysé comme un trimètre dactylique logaédique, quoiqu'il soit vraisemblable que Baïf l'aurait plutôt considéré comme un dimètre, groupant le trochée et le spondée finaux en un seul pied comme il le fait en décrivant le quatrième vers de la strophe alcaïque.
Macron
Symbole métrique représentant une position longue : –.
Mètre
Elément constituant d'un vers. Dans le cas de vers iambiques, trochaïques ou anapestiques, se compose de deux pieds élémentaires. Dans les autres cas, le pied équivaut au mètre. Tous les vers de Baïf sont analysés comme une suite de mètres (monomètres, dimètres, trimètres, etc...), comptant fréquemment quatre positions chacun.
Métrique
Etude de la structure des vers.
Micron
Symbole métrique représentant une position brève : ᴗ.
Molosse
Pied élémentaire : – – –.
Monomètre
Vers composé d'un seul mètre.
Non-cadencé
Vers qui n'est ni cadencé, ni surcadencé, ni court-cadencé. Il comprend donc un nombre exact de pieds, sans retranchement ou ajout aucun. Equivaut, chez Baïf, à acatalecte.
Pentamètre
Vers composé de cinq mètres.
Penthémimère
Vers ou fragment de vers long de deux pieds et demi. Baïf mentionne le penthémimère dactylique et le penthémimère iambique.
Péon
Pied élémentaire comprenant trois positions brèves et une longue. Selon l'emplacement de la position longue, on parle de péon premier (– ᴗ ᴗ ᴗ), second (ᴗ – ᴗ ᴗ), troisième (ᴗ ᴗ – ᴗ) ou quatrième (ᴗ ᴗ ᴗ –).
Péonique
voir crétique.
Phalécien
Vers de schéma (X X – ᴗ , ᴗ – ᴗ – , ᴗ –  –), analysé par Baïf comme un trimètre antispastique cadencé, et que les traités modernes analysent plutôt comme une base de deux syllabes suivie d'un dactyle et trois trochées.
Phérécratéen
Glyconique catalectique, et troisième vers de la strophe asclépiade B (– – – ᴗ , ᴗ – –).
Pied élémentaire
Séquence d'au moins deux positions comportant un levé et un posé. L'iambe, le trochée, le dactyle etc. sont des pieds élémentaires.
Posé
Temps fort du pied, marqué par un ictus.
Priapien
Classiquement, on range sous ce terme un vers composé associant un glyconique et un phérécratéen. Chez Baïf, (chansonnette III-10), on ne trouve jamais le membre glyconique sous sa forme canonique, mais il présente, assez librement, plusieurs substitutions différentes.
Procéleusmatique
Pied élémentaire : ᴗ ᴗ ᴗ ᴗ.
Prosodiaque
Baïf qualifie ainsi un dimètre associant un ionique du majeur et un choriambe, ou un choriambe et un ionique du mineur ; il étend l'appellation à un trimètre où se succèdent un ionique du majeur, un choriambe et un ionique du majeur, et même à un trimètre fondé sur l'ionique du mineur (ps. 30). Dans les traités modernes, le prosodiaque est analysé comme une suite de dactyles précédée d'une syllabe indifférente.
Prosodie
Partie de la grammaire qui traite de la quantité et de l'accent.
Rebrisé
Vers ayant subi, par rapport à sa forme pure, la permutation d'une position longue et d'une position brève. Baïf emploie ce terme dans la versification ionique (mètres de 6 temps), lorsque, par la vertu d'une telle permutation, apparaît un phénomène de « syncope » (anaclase, ou littéralement « brisure ») qui voit une position longue virtuellement partagée entre deux mètres. Le mètre anacréontique, en particulier, s'analyse comme un dimètre ionique du mineur rebrisé.
Rythme
Succession, régulière ou non, de levés et de posés.
Saphique, strophe
Forme strophique de quatre vers, extrêmement répandue, que Baïf analyse de la manière suivante : trois trimètres épichoriambiques cadencés (– ᴗ – X , – ᴗ ᴗ – , ᴗ – –), aussi dénommés hendécasyllabes saphiques, et un monomètre choriambique surcadencé (– ᴗ ᴗ – –), aussi connu sous le nom d'adonique. Quoique Baïf ne le mentionne pas dans le schéma qu'il donne au ps. 11 du psautier A, la quatrième position de l'hendécasyllabe est indifférente.
Schéma métrique
Représentation abstraite de la structure d'un vers.
Scazon
Un vers, iambique ou trochaïque, est dit scazon (boiteux) lorsque sa finale – ᴗ X est remplacée par – – X
Spondée
Pied élémentaire : – –.
Substitution
Remplacement, au sein d'un vers, d'un pied élémentaire par un autre réputé équivalent.
Surcadencé
Vers qui compte, à la fin, une position syllabique supplémentaire. Equivaut, chez Baïf, à hypermètre.
Temps
Unité de mesure. Une position brève vaut un temps, une position longue en vaut deux.
Tétramètre
Vers composé de quatre mètres.
Thésis
Posé.
Tribraque
Pied élémentaire : ᴗ ᴗ ᴗ.
Trimètre
Vers composé de trois mètres.
Trochaïque
Système de versification reposant sur le trochée. Il faut deux pieds trochaïques pour faire un mètre. Chez les Grecs, comme chez Baïf, les pieds impairs sont obligatoirements purs, alors que les pieds pairs admettent, par substitution, essentiellement des spondées.
Trochée
Pied élémentaire : – ᴗ.
Vers
Enoncé contraint par un schéma métrique, et occupant une ligne de texte.
X
Dans un schéma métrique, position indifférente.