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DE L’ABONDAN-

C̨’ ĘN VOĘS DE LA LAN-

ge Franc̨oęze

C̨hap. I.

Com’ il soęt c̨ęrtein qe pour la comune nec̨essité de la ví’ ę conseruac̨íon dęs homes ęn vne pę́s, vníon, ę accor’ pęrdurables, la conoęssanc̨e de rę́zon, ę d’un deuoęr ęn l’obsęruanc̨e d’une justic̨e, ę egaletę mutuęlle soęt princ̨ipallemęnt nec̨essę́r’ ę comode, nature ne nous a point auantajé d’un moyen plus ęzé qe de la parolle, pour par vne plus fac̨ile doctrin’ y pęruenir. Ę combien qe pour la diuersité dę’ rejions ę diuęrse fantazíe dę’ nac̨íons lę’ parolles, ę langajes soę́t diuęrs, si ęt il toutefoęs c̨ęrtein qe tous sont forjés d’un mę́me marrein de simples voęs, qe nous appellons voyęlles, ę consonantes.

Il ęt vrey q’aocuns peuples ne lęs ont pas vzurpé toutes, qi toutefoęs ne sont pas moins abondans ęn propres tęrmes, ę fac̨ons de parler. Lę’ langes Latin’ ę Gręcqe de vrey sont plus ric̨hes de vocables, ę propres fac̨ons de parler, qe n’ęt la Franc̨oęze : come qi ont eté plus grans rec̨herc̨heurs qe nous, de la sapięnc̨e tant humaine qe diuine : le Franc̨oęs toutefoęs s’ęt vuzurpé plus grande varieté de voyęlles, ę consonantes, tęllemęnt qe [p. 6v] nou’ prononc̨ons ęn notre lange dę’ vocables qe le Latin, ne le Gręc ne sauroę́t ecrire par leurs charactęres : d’aotant q’il ne lęs ont jamęs u ęn vzaje : come sont ł, ŋ̃, s, molles.

Car il n’ęt pas vreysęmblable q’il’ lęs vsset lęssé inc̨ęrteines, ę sans qelqe c̨haractęre, ou propre marqe, attendu leur grande dilijęnc̨’ ęn toutes aotres c̨hozes louables. Ao regard de noz anc̨ętres, il’ lę’ nous ont noté d’aosi pouur’ inuęnc̨íon, q’a eté leur considerac̨íon a garder la proprieté, ę puissanc̨e dę’ lęttres.